Master Rallye 2002 LA RUSSIE DES TSARS
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LA COURSE

Communiqué de presse N8
8 août 2002
Astrakhan/Elista

Misslin et Lazard,
(première) place aux jeunes

Vingt ans pour l’un, vingt-quatre pour l’autre. Le 8e Master Rallye s’est offert aujourd’hui un bon coup de jeune, avec les premiers scratches de Nicolas Misslin (Mitsubishi) et Laurent Lazard (KTM), les plus rapides sur les steppes de Kalmoukie, entre boue et poussière. Relativement distancés au classement général, Misslin et Lazard ont décidé de prendre davantage de risques sur les dernières spéciales du rallye. Cela n’a pas tardé à payer. Une belle récompense pour leur tempérament offensif, et de belles promesses en vue des prochaines échéances en rallye-raid. Si les vainqueurs du jour sont inédits, les leaders au classement général restent toujours les mêmes. Jean-Louis Schlesser (buggy Schlesser Renault) et PG Lundmark (KTM) terminant respectivement 4e et 3e de la spéciale. La victoire finale leur semble promise, sauf pépin mécanique.

Après plusieurs étapes difficiles (moteur noyé, passage délicat de dunes), Nicolas Misslin a donc confirmé aujourd’hui l’étendue de son talent, à seulement 20 ans et sur un 4x4 diesel. «Je crois qu’on a maximisé le potentiel de cette voiture. Le rallye avait bien commencé, puis j’ai connu des journées galère et on finit très fort. Gagner sur un diesel, c’est une grosse satisfaction. On a commencé assez doucement avant de rouler très fort. A 5 km de l’arrivée, on a un peu hésité mais nous avons su garder notre calme pour retrouver la bonne piste. Ce n’était surtout pas le moment de s’énerver!» Révélation du rallye-raid de ces derniers mois, le Marseillais espère maintenant piloter un proto essence, «assez rapidement», pour poursuivre sa progression déjà très impressionnante.

Derrière Misslin, Christophe Tinseau (Protruck ASM) signe le 2e temps de la spéciale, insuffisant toutefois pour ravir au Russe Alexander Khrol (Mitsubishi) la 2e place au général. Malchanceux ces derniers jours, Tinseau a encore connu son pépin quotidien, avec un pneu non pas crevé mais dégonflé. «Encore un petit quart d’heure de perdu, c’est vraiment dommage, glisse Tinseau, mais on s’est encore régalé. On a tenu sur un bon rythme, même si on a dû faire près de 100 bornes en dehors du tracé prévu.» Pour Schlesser aussi, la journée n’a pas été facile, notamment en raison d’une boue omniprésente en début de spéciale. «Le hors-piste était indispensable pour continuer, j’ai même appelé René Metge à la radio pour savoir s’il fallait poursuivre. C’est une nouvelle journée sans souci, et il faudra pouvoir arriver au bout de la même manière, c’est essentiel. Ce rallye se passe bien pour nous, sans vagues, sans remous.»

Dans la catégorie T1, les Mercedes ont relevé la tête après un jeudi terrible dans les dunes, mais c’est toujours Yves Loubet (Nissan) qui pointe en tête au général. «A la régulière, ce sera difficile d’aller le chercher d’ici dimanche, analyse Jean-Pierre Strugo. On lui a repris un quart d’heure, ça relance un peu la bagarre...»

Comme Misslin en autos, Laurent Lazard (KTM) a lui aussi surpris tous les «anciens» pour signer un remarquable succès devant Oosting, Lundmark et Dabrowksi, tous sur KTM. Né à Nîmes mais vivant à Montevideo depuis quatre ans, ce Franco-Uruguayen qui court surtout en Amérique du Sud avait déjà réalisé d’excellents temps ces derniers jours. Mais les steppes et un joli coup de navigation dans les derniers kilomètres de la spéciale lui ont permis de s’imposer. «Vu ma position au général (8e ce matin à 2’19’’ de Lundmark), je voulais prendre des risques dans cette spéciale. J’ai vraiment attaqué, en frôlant la chute une dizaine de fois. Je suis tombé dans la boue peu avant l’arrivée, mais sans gravité même si j’y ai laissé mon pot d’échappement droit. L’étape s’est en fait jouée aux abords du CP 6, à 40 km du but.» Voyant Lundmark et Flick choisir la mauvaise direction devant lui, Lazard a lui fait le bon choix. «Je crois que je me suis bien amélioré sur ce point depuis le 1er août. Ce qui m’arrive est exceptionnel, magnifique!» Grâce à son scratch, Lazard occupe désormais la 7e place au général, toujours très loin des premiers et de Lundmark.

Le Suédois a roulé le plus souvent avec son dauphin François Flick, mais les deux hommes ont donc passé quelques kilomètres à jardiner ensemble, voyant s’échapper la victoire d’étape. Peu importe pour Lundmark, qui a chaudement félicité Lazard pour son succès. «No big deal! François s’est trompé comme moi, c’est donc une journée tout de même positive. Je suis déjà très content d’être toujours là, en un seul morceau, comme ma moto. Demain il y aura encore une étape difficile...»

Ils ont dit... Ils ont dit... Ils ont dit...

N 230: Le team Toyota Trophy engageait le seul équipage féminin du Master 2002. L’étape 5 leur a été fatale (tonneaux). Au départ de la spéciale d’hier Elisabete Jacinto: «La course est terminée. On a pu réparer, je roule doucement pour arriver au bout.»

N 206: Après les galères, en début de rallye, l’équipage Mercedes continue malgré tout, en se battant aux avant-postes. Satisfait de son 6e temps scratch aujourd’hui, Lansac pense cependant arrêter là: «On peut changer d’avis, mais le Master 2002 est sans doute notre dernier raid.»

N 249: L’équipage La part du Rêve, engagé par ASM, pointe à la 18e place au général. Pour sa première participation en rallye raid, Arnaud Neveu découvre les joies et les galères de la navigation. Le jeune mâyennais apprend vite et apprécie: «Découvrir le parcours avec René Metge est un bonheur: C’est un conteur. Je réalise un rêve de môme.»

N 2: 7e de l’édition 2001, Kemal Merkit , 10e au général, va de galère en galère. «Depuis le début, je suis bien tombé au moins 30 fois! Aujourd’hui, je voulais faire le malin car il y avait l’hélicoptère au dessus de moi et je me suis vautré dans la boue.»

N 18: «Deux pannes de trip en 3 jours, ça fait beaucoup. Aujourd’hui j’ai pu suivre le N 21 qui est rapide et arriver au bout. Par contre avant-hier, j’ai dû rejoindre la liaison car j’étais perdu.»

Au programme de demain

Après une mise en roue d’une trentaine de kilomètres, les concurrents entreront dans le vif du sujet à Jaskul pour rallier Manitch au bout des 269 kilomètres de spéciale. Virages, passage de digue, crevasses et même des marches seront au menu du jour. L’arrivée autour du grand lac de Manitch nécessitera beaucoup de vigilance pour trouver son chemin sur des pistes poussiéreuses, en bordure de petites falaises.
 


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