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LA COURSE
Communiqué de presse N5
6 août 2002
Saratov/Volgograd
Khrol à domicile, Flick roi du jardinage
De Saratov à Volgograd, le 8e Master Rallye a eu droit aujourd’hui à une jolie journée de jardinage grandeur nature, qui a souri pour la victoire d’étape à deux des principaux outsiders de l’épreuve, le Russe Alexander Khrol (Mitsubishi) et le Français François Flick (KTM). Comme si les difficultés du tracé concocté par René Metge et son équipe ne suffisaient pas, la météo s’est chargée d’épicer le programme. Pluie au départ, boue sur la majeure partie du tracé, voilà de quoi déstabiliser plus d’un pilote, et si l’on y ajoute les traditionnels problèmes de navigation et la longueur de la spéciale (423 km), pas étonnant que la journée ait été délicate pour le plus grand nombre, à commencer par les leaders, Schlesser (buggy Schlesser Renault), et Lundmark (KTM), qui conservent leur position sans avoir pour autant réussi à rentrer dans le Top 3 du jour.
Déjà en évidence depuis plusieurs étapes, Sacha Khrol a signé hier le scratch en auto, sur ses terres, ou presque, puisque ce pilote amateur de 29 ans, qui dirige une entreprise de travaux publics, vit à Kolomna, à 100 km au sud de Moscou. Il a réussi la performance de devancer Schlesser, seulement
4e à 13’49’’, mais aussi Misslin et Barkat, qui complètent le podium en signant un beau triplé Mitsubishi.
«Je connais bien ce type de terrain, explique Khrol, et je suis très à l’aise sur ces pistes assez glissantes. La pluie, la boue étaient des adversaires supplémentaires, bien sûr, mais je n’ai pas connu de problèmes. Du moins, pas trop de problèmes! Pour moi, ce rallye est vraiment un rallye de premier ordre, au parcours très varié, plus que les autres rallyes-raids. Désormais, j’aimerais bien rester en aussi bonne position au général (il est actuellement 3e), mais il reste encore cinq étapes. Ne comptez pas sur moi pour faire le moindre pronostic!»
Derrière Misslin et Barkat, Schlesser a donc dû se contenter de la 4e place de l’étape, son buggy 2 roues motrices ayant souffert dans la boue. Il a perdu quelques minutes lors d’un passage de gué sablonneux, devant son salut à quelques spectateurs l’ayant sorti du pétrin.
«Même si je n’ai pas gagné, on s’est quand même régalé une nouvelle fois», note le leader, fair-play, et qui a sans doute constaté avec intérêt la mauvaise journée passée par Christophe Tinseau et son Protruck. Arrivé sans son aile droite arrachée, victime d’une nouvelle crevaison alors qu’il avait doublé Schlesser, Tinseau avait du mal à accepter ce nouveau jour de déveine.
«C’est vraiment la poisse! Le jour où Jean-Louis semble moins bien, le jour où on aurait peut-être pu lui reprendre du temps puisqu’on a un moment roulé devant, on crève encore. Dommage, cela aurait pu entretenir le suspense. Désormais, ce sera beaucoup plus difficile», constate le
2e au général, à plus d’une demi-heure du buggy.
Comme hier, il faut saluer la prestation de Thierry Magnaldi, 5e de la spéciale et
4e au général, et évidemment toujours en tête de la catégorie T 1 sur sa Mercedes. L’ancien motard a même retrouvé la saveur de rouler en tête, même si ce ne fut que durant quelques kilomètres.
«Encore une bonne journée, on s’est fait plaisir surtout dans les 50 dernières bornes. Mais que c’était bon de jouer en tête, comme au temps de la moto! Quand Schlesser s’est trompé de direction, on s’est demandé si on devait le lui dire à la radio…Peut-être aurait-il été vexé» plaisante Magnaldi. Plus dure étape en revanche pour Yves Loubet (Nissan), handicapé par sa direction assistée et qui termine à près d’une heure de Khrol.
Chez les motos, le leader PG Lundmark (KTM) avoue sans se faire prier qu’il a
«vécu une très mauvaise journée», de loin la pire depuis le départ vendredi dernier de Saint-Petersbourg. Pas moins de quatre chutes ont rythmé la journée du Suédois, qui a néanmoins su limiter la casse en prenant la
4e place de la spéciale. «J’ai commis une erreur due à mon inexpérience en ne choisissant pas le bon garde-boue. Avec la boue qui n’arrêtait pas de bloquer ma roue avant, je suis tombé assez lourdement à plusieurs reprises, et j’avais surtout peur que cela touche aussi mon moteur. J’aurais dû installer un garde-boue type motocross. Finalement, je m’en tire assez bien.» Bien vu. Car si François Flick (KTM) a profité des ennuis de Lundmark pour remporter la spéciale, il n’en profite pas vraiment au général puisque s’il pointe encore ce soir à la
2e place, c’est encore à plus d’une demi-heure de son rival.
«Peut-être que le rallye s’est joué aujourd’hui. Cela aurait pu être une journée encore meilleure pour moi, si je n’avais pas eu tant de problèmes. J’ai cassé mon garde-boue, comme Lundmark, mais je suis aussi tombé en panne de trip (indicateur kilométrique) après le CP 3 et j’ai fait les 40 derniers kilomètres sans frein à l’avant! Du coup, je sauve les meubles.» Trop modeste Flick, car il a malgré tous ses pépins réussi une navigation presque parfaite, dont a notamment profité le Portugais Santos (KTM),
2e de la spéciale, et qui occupe la 4e place au général, juste derrière le Polonais Dabrowski (KTM), dont la régularité est récompensée par une place sur le podium au général provisoire.
Au programme de demain
La sixième étape conduira les concurrents de Volgograd à Astrakhan, avec 576 km au programme, dont 368 de spéciale. Pour entamer la seconde partie de la course, René Metge a concocté une spéciale où pilotage à vue et navigation auront la part belle. Après avoir traversé durant les premiers kilomètres de grandes steppes herbeuses à souhait, les concurrents auront droit à des dunettes, des marches en descente, des bosses et des vallons. De superbes paysages doublés de moments de pilotage intenses.
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