Master Rallye 2002 LA RUSSIE DES TSARS
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LA COURSE

Communiqué de presse N4
4 août 2002
Juchnov/Tambov

Schlesser et Oosting, la trace à suivre

La première grosse étape de navigation du 8e Master Rallye a tenu toutes ses promesses, et le fameux passage de gué du km 53 fut le morceau de bravoure de la journée. Exigeante, superbe de l’avis général, la spéciale laissera à la plupart des concurrents de grands souvenirs, comme Yves Loubet (Nissan), 9e de la spéciale mais heureux comme un vainqueur au moment d’exprimer sa joie. «Incroyable, incroyable, incroyable! 200 bornes en spéciale, c’est un sacré steak. On s’est tiré une belle bourre avec les Mercedes, sur un terrain fabuleux.»

Le vrai vainqueur du jour, c’est encore une fois Jean-Louis Schlesser, arrivé au volant de son buggy avec une demi-heure d’avance sur l’horaire théorique prévu! Mais seulement 1’28’’ sur le deuxième de l’étape comme du général, Christophe Tinseau (Protruck), qui prouve à chaque sortie son talent, bien assisté par son nouveau copilote, Baptiste Vallet. «La différence a dû se faire sur la fin de la spéciale, analyse Schlesser, ravi mais éprouvé à la sortie de son buggy. C’était très dur du point de vue navigation, du début à la fin. Il fallait retrouver un cap, couper un champ et ouvrir la route n’est jamais évident. Notre poussière dû aider nos poursuivants.» Tinseau, à 1’51’’ au général, ne démentit pas ce coup de pouce mais retient surtout «la belle bagarre à distance avec Jean-Louis. On est hyper content avec Baptiste, qui s’en est très bien sorti avec la navigation. Le Protruck est très à l’aise sur ce type de parcours.»

Derrière le duo en forme de ce début de rallye, le Russe Alexander Khrol réalise la belle opération de la journée en signant la 3e place de la spéciale, s’installant aussi sur le podium au général, à 1’51’’ de Schlesser. A bord de sa Mitsubishi, il peut compter sur sa connaissance des pistes locales, et aussi sur l’appui chaleureux du public. «Ici, c’est chez moi, j’aimerais beaucoup devenir le premier Russe à remporter un grand rallye-raid. Depuis que Rakitiansky a abandonné, on attend beaucoup de moi sur ce Master. J’ai la pression, mais pour l’instant, tout va bien, je touche du bois!»

A noter aussi la bonne performance de la Nissan de Bernard Errandonea, 4e de la spéciale comme du général. Journée plus difficile pour Magnaldi (Mercedes), 23e de l’étape. Jean-Pierre Strugo, également sur Mercedes, est donc le nouveau leader de la catégorie T1. Mais le grand perdant s’appelle ce soir Nicolas Misslin. Troisième au général ce matin, il est désormais 32e à plus de deux heures de Schlesser, après avoir terminé à la 45e place de la spéciale, perdant de longues minutes à négocier le fameux passage de gué du km 53, où près de 90 cm d’eau attendaient les concurrents. Moteur noyé, il a été secouru par son père, également concurrent mais ne gardera sûrement pas un grand souvenir de ce dimanche.

Aussi enthousiastes en commentant leur journée que les pilotes auto, les motards ont comme les quatre roues connu des fortunes diverses sur un terrain piégeux. Si Per-Gunnar Lundmark (KTM) demeure leader au classement général, il n’a terminé que troisième de la spéciale, devancé par le Franco-Uruguayen Laurent Lazard (KTM) et le Néerlandais Harry Oosting (KTM), son nouveau dauphin au général. Lundmark, qui ouvrait la piste, a pu constater que ce n’était pas toujours le plus facile. «Maintenant je sais ce que ressent mon ami Fabrizio Meoni quand il part en tête, ce n’est absolument pas évident de lire son road-book et de piloter en même temps. J’étais peut-être à 60% de ce que je peux faire sur un tel terrain.» Handicapé en plus par la présence d’eau dans son carburateur, près un passage de gué délicat, le Suédois a fait preuve d’un joli fair-play en dépannant François Flick, prêtant un sélecteur de boîte de vitesses à un rival potentiel pour la victoire! «J’espère que je n’aurai pas à la regretter à l’arrivée, sinon François devra me payer dix bières, ou au moins une bonne vodka!»

Que Lundmark se rassure, Flick n’a pas vraiment profité de ce coup de main. Onzième de la spéciale après une petite de séance de jardinage à travers champs, il rétrograde à la 5e place au général, laissant deux autres motards français, Lazard et Sireyjol, se rapprocher du podium virtuel. Sur celui-ci, on trouve ce soir à la deuxième place Oosting, qui a donc signé son premier scratch sur le Master Rallye. «C’est un succès inédit dans une course de cette édition, dit ce pilote originaire d’Emmen, au nord des Pays-Bas. C’était très humide, très difficile et il fallait réussir un pilotage assez fin. Aujourd’hui, la poignée de gaz était sans doute moins importante que le road-book.» Un joli mot de la fin.

Au programme de demain

La première partie de cette cinquième étape contournera des champs et des prairies, de petites difficultés, soit une navigation simple avec moins de croisements, mais le tracé sera moins roulant que lors de la deuxième partie.

En milieu de spéciale, les concurrents devront négocier une montée sablonneuse très molle, beaucoup de franchissements de gué avec encore des passages très mous, des lacs à contourner, des petites pistes à flanc de collines. Tout cela peut paraître très bucolique mais attention, cette étape ne pardonnera aucune erreur. Il est très fortement conseillé de ne pas quitter la piste d’un mètre sous peine de finir sa course dans une belle crevasse invisible.
 


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